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Fuir le Yémen

Saleem a 11 ans et il a dû quitter Al-Haimah, au nord du Yémen, tout comme ses parents, son frère et ses deux sœurs. Saleem et sa famille ont été déplacés d’Al-Haimah au début du conflit, en mars 2015. La famille a tout laissé derrière elle et elle vit maintenant dans un tout petit appartement loué par le père de Saleem. Lui et son frère ont arrêté l’école lorsque cette dernière a été bombardée à Al-Haimah. Le père ne vit plus avec la famille de sorte qu’ils n’ont plus de revenu; Saleem et son frère doivent travailler dans les rues à vendre des œufs pour nourrir la famille. Récemment, Saleem et son frère ont pu fréquenter l’école Al Zubari à Sana’a, mais ils s’ennuient beaucoup de leur ancienne école. 

Selon leurs propres dires :

« La matinée était parfaite cette fin de semaine-là : on devait retrouver nos amis pour jouer avec mon nouveau vélo l’après-midi. Soudainement, nous avons entendu une immense explosion, et mon frère et moi avons pleuré. Notre maison a été frappée par un éclat d’obus. Le lendemain, nous avons déménagé à Sana’a.

Nous avons dû marcher jusqu’à Sana’a, car il n’y avait plus de carburant, le transport coûtait très cher et mon père ne pouvait pas louer de voiture. La route était tellement longue, il nous a fallu des heures. Après notre arrivée, mon père a trouvé un petit appartement dans lequel nous nous sommes installés. Mon père est parti combattre avec les militaires pour payer le loyer. Il nous a laissés sans revenu et nous n’avions rien à manger. Ma mère m’a demandé, à moi et à mon petit-frère, d’aller dehors et de vendre des œufs dans les rues pour gagner de l’argent et ainsi acheter de la nourriture. Nous avons été forcés de rester ici parce que c’est encore trop dangereux chez nous; mon ami qui était retourné chez lui a été tué par un missile.

En vendant des œufs dans la rue, j’ai entendu des enfants dire que l’école était de nouveau ouverte, alors je suis vite allé voir ma mère pour lui demander si je pouvais retourner à l’école. Elle a dit oui.

Le premier jour, cela ne ressemblait pas à mon ancienne école. Je n’ai personne ici, pas d’amis. J’étais déprimé. Je trouve qu’il est très difficile aussi d’étudier dans des classes très nombreuses où l’on retrouve ensemble trois niveaux. C’est surpeuplé, ce n’est pas bon. Je ne comprends pas le sujet des leçons. Je rêve de m’éveiller un jour et d’entendre que la guerre est finie. Je veux revoir mes amis et étudier dans mon ancienne école. »

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