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Une mission redoutable

Hadi, 30 ans, et son épouse Latifa, 25 ans, étaient à Idlib lorsque les bombardements ont commencé il y a cinq ans. Ils ont été parmi les premières familles à fuir le conflit mortel et à chercher refuge au-delà des frontières syriennes. 

La recherche d’un endroit où s’installer s’est avérée une mission des plus redoutable. La famille a dû constamment se déplacer dans le district de l’Akkar, au nord du Liban, pour trouver un endroit où dormir et vivre en sécurité. Les hivers rigoureux et leurs besoins fondamentaux non comblés ont obligé la famille à lutter pour sa survie. 

Inquiet de la multiplication des vérifications et des restrictions à la libre circulation, Hadi n’a pas réussi à trouver de travail pour pourvoir aux besoins de ses enfants. Les dettes se sont accumulées et ses enfants étaient toujours malades. Sa femme enceinte a même perdu l’enfant qu’elle portait. 

Hadi et Latifa vivent maintenant avec leurs deux filles, Layla et Sana, dans le village de Dawseh, dans le district de l’Akkar, dans une maison délabrée qui était, au moment de leur arrivée, une pièce improvisée. Grâce à un programme de l’organisme Aide à l’enfance, ils ont pu transformer l’abri en un endroit où ils auront le droit de rester au cours de la prochaine année.  

Hadi raconte :  

« Nous avons quitté la Syrie au début de la crise et sommes venus ici pour y trouver refuge. Il y avait ma femme, moi-même et nos deux filles. Nous n’avions rien, rien du tout. 

En Syrie, je travaillais dans des exploitations agricoles, mais je n’ai pas pu trouver de travail ici. Une fois, j’ai travaillé comme finisseur de béton pendant un mois et je n’ai reçu que la moitié du salaire. La circulation est restreinte et la région où nous vivons est pauvre. Je ne sors que pour acheter de la nourriture et je reviens. Je ne peux pas payer ce que j’achète. Je demande aux gens d’être patients chaque fois qu’ils me rappellent ce que je leur dois. 

Nous avons deux filles, Layla a 4 ans et Sana, 2 ans. Layla va à la maternelle. Elle commence à apprendre et à parler. Nous rêvons de la voir grandir et s’instruire. 

Sana reste à la maison toute la journée. Elle s’amuse avec des pierres. Elle a oublié à quoi ressemblaient les jouets. Elle parle à peine. 

La maison que vous voyez a d’abord été une pièce improvisée dans laquelle nous avons emménagé il y a environ trois ans. Nous avons construit une pièce qui ne ressemblait fondamentalement à rien d’un endroit où des humains vivraient. Vous ne pouvez pas imaginer les endroits où nous avons dû vivre. 

La pièce était infestée de reptiles et de rongeurs. On voyait un serpent se promener ou on se faisait piquer par une guêpe. J’ai dû emmener ma femme à l’hôpital une fois qu’elle avait été mordue par un mille-pattes. Je m’inquiétais pour les enfants. Des insectes se cachaient dans leurs vêtements. 

Lorsqu’un voisin a commencé à se construire près de chez nous, je l’ai imploré de m’aider à construire un abri pour protéger mes enfants. Il m’a aidé à construire deux murs et un toit. Le plafond, toutefois, était trop fragile et il s’est effondré peu de temps après, ce qui a fait faire une fausse-couche à ma femme. Nous avons dû endurer ces conditions pendant plus d’un an. 

À l’arrivée de l’hiver, nous étions complètement exposés aux pluies et aux tempêtes. Les feuilles et les sacs de plastique n’aidaient pas. Il était impossible de rester comme ça plus longtemps. 

Je suis allé au bureau de l’organisme d’Aide à l’enfance et j’ai demandé de l’aide. Je leur en suis très reconnaissant, car leur réponse a été instantanée. 

Des travaux de rénovation, dont un abri, de l’eau et des toilettes, ont été réalisés. Un plancher a été construit, de même que des portes et des fenêtres. Nous avons maintenant deux pièces, une petite cuisine et une toilette. Je me sens beaucoup plus en sécurité. Nous sommes également exemptés de loyer pendant un an. Les choses se sont améliorées de 90 %. Je suis très reconnaissant. 

Nous espérons encore pouvoir retourner chez nous. Nous voulons que cette lutte cesse. Tous les soirs, nous prions pour un avenir meilleur. Les jours passent cependant sans que rien ne change ni ne s’améliore. »

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